LE PERMIS À POINTS

 

- C'est pour nous, dit mon chéri résigné.
- T'es sûr ? Il roulait vite devant nous, non ?
- Vu l'angle du flash...
- Mais tu roules doucement...

...Extrait d'une conversation passionnante sur la route au retour des vacances. On aimerait bien imaginer que ce soit le soleil qui nous ait fait coucou ! Une sorte de reflet dans le rétro qui aurait causé un éclair... Sait-on jamais !?

Faut vous dire qu'on n'a pas l'habitude. Quand j'étais enfant, mon père qui conduisait quotidiennement n'a jamais connu ça ; moi en tant que conductrice non plus. Je roule prudemment, parce que j'ai conscience de ma responsabilité ; je n'ai jamais eu d'accident ; seulement quand c'est possible, j'aime la vitesse. C'est tentant au volant d'une 205 GTI, de voir comment elle monte, non ? Vous êtes tout seul sur l'autoroute, vous avez une voiture puissante - certes, une caisse à savon - mais vous êtes en ligne droite...

Vous aussi ça vous rappelle quelque chose ? Ce frisson, pas bien méchant, l'aiguille qui penche de plus en plus, le moteur qui gronde... puis très vite le retour à la normale ; on n'est pas sur un circuit !

On parlait d'une tolérance de 20, peut-être même de 30 Km/heure ; un truc mystérieux je vous dis ! Pour moi, les limitations de vitesses étaient un indicateur de vitesse, qu'il était logique de respecter, qui me permettait d'appréhender tel virage, tel resserrement de route, sans pour autant me limiter si je devais doubler un camion, ou une caravane gênant ma visibilité, donc me mettant en insécurité. Dans l'idée que s'il y a un panneau, c'est pour régler le flot des voitures, et assurer ma sécurité.

Je n'avais jamais vu de flash de radars. Dire que je me demandais comment ça faisait ? Quelle idée aussi de se demander ça ? Il a fallu que j'attende la quarantaine pour voir un flash !

- Toi aussi, c'est ton premier flash ?
- Non, c'est mon deuxième. J'en ai eu un l'an dernier...
- T'as pas dû dépasser de beaucoup !?
- ... Tu peux prendre le volant ?

D'habitude il n'y aurait pas eu d'hésitation, mais là, l'enthousiasme est moyen-moyen. En plus depuis que nous n'avons plus de voiture, quand on en loue une, c'est le moment d'en profiter ! Mais la conduite a changé depuis quelques années. Entre mes débuts de conducteur automobile, et aujourd'hui, j'ai connu une interruption d'une petite dizaine d'années. J'en profite d'ailleurs pour témoigner que quand on ne conduit pas, on perd les réflexes, il faut un certain temps pour redevenir un conducteur normal.

- C'est laquelle la pédale de frein déjà ?
- ...!?

Il est tout vert, mon chéri. C'est sa voiture, il a peur. Je sais conduire, je sens ce savoir au fond de moi, mais j'ai perdu les automatismes. C'est une expérience très curieuse : on sait mais on a perdu les gestes, ses propres gestes. On n'est pas tout neuf dans le savoir, nous dire ce qu'on doit faire est insupportable ; il faut re-déclencher la mémoire, tel un amnésique, par petits bouts et ça revient ; il m'aura fallu bien 5 fois avant de retrouver ma fluidité, et l'assurance revient au fur et à mesure, lentement.

Un bon conducteur, c'est aussi celui qui conduit souvent. Mais maintenant on n'a plus de voiture. On a choisi, disons bien obligé de choisir l'option "location". On loue pour l'occasion, pour les vacances. Avant, quand on sentait un conducteur tâtonnant sur la route, on disait, tiens, un conducteur du dimanche !, avec la dose de mépris de l'habitué de la route qu'on était... Et même vaut mieux pas conduire le dimanche, avec tous ces con(ducteurs) du dimanche...

Mais aujourd'hui acheter une voiture c'est flirter avec le masochisme. Généralement, s'endetter pour l'achat, puis l'assurance auto, le contrôle technique, les réparations obligatoires telles plaquettes de frein, vidange, changer les pneus... puis les amendes, les risques d'accident, l'impossibilité de se garer, ou la fourrière ; et ce serrement de gorge à chaque plein d'essence où on se répète comme pour réaliser le nouveau prix affiché :

- Tu sais avant, avec ça je faisais deux pleins...

À ce tarif-là, on peut se dire qu'on économisera en prenant la nationale ; enfin tant qu'elle restera gratuite ; on cause déjà de privatisation... Au départ, les autoroutes devaient être gratuites, et on a dit aux français - la génération de mes parents - ça va être un peu payant au début, mais les autoroutes françaises deviendront très vites gratuites.... Il y a dû avoir un couac dans le processus, vu le prix des autoroutes !

Toujours est-il que le jour où on n'a plus eu de voiture, on a dû recalculer plusieurs fois les relevées de compte bancaire, en se demandant si la banque n'avait pas fait d'erreurs dans les prélèvements, n'avait pas oublié de débiter nos frais...

Légers, légers sans voiture... et finies les angoisses de se demander si on allait trouver une place pour se garer ; on était pourtant devenus experts en repérage de voiture-qui-laisse-une-place pour se garer ; à peine elle avait mis son clignotant qu'on lui fonçait dessus ; il m'est même arrivée de retenir la place vide pendant que mon chéri faisait le tour... Et il fallait mener cette guerre tous les soirs, voire plusieurs fois par soir quand on sortait. Nos sorties nocturnes ont commencé à se raréfier. Quand après avoir fait vingt fois le tour du quartier à 23 heures, vous êtes à vous demander si vous n'allez pas être obligé de dormir dans votre voiture à côté de chez vous si vous ne trouvez pas de places ! Dire qu'avant Delanoë, il était facile de se garer, qu'en plus le stationnement était gratuit... L'écologie a bon dos.

Nous voilà séparé de ce gouffre financier et angoissant - j'ai nommé la voiture - mais nous voilà devenir non-conducteur. Et ça on a du mal ; nous aimons conduire. Nous ne sommes même plus des conducteurs du dimanche ! On conduit seulement pendant nos vacances.

Désormais une nouvelle catégorie d'automobilistes est née : les conducteurs des vacances : une variété de conducteurs hyper-tâtonnants, qui retrouvent les joies de la conduite une à deux fois par an !

Et à Paris, entre Delanoë en maire et Sarkozy en président, c'est la reproduction en batterie des conducteurs des vacances... Mais pas seulement à Paris.
Je crois que là il y a eu décentralisation, cette fois réussie, et c'est dans toutes les villes, tel un consortium de maires se réclamant anti-voitures surtout pour les autres, forcément pas pour eux-mêmes !

Ce fut une flambée de la facture du bitume. On aurait pu croire que Paris se transformait en ville nouvelle, en perpétuels travaux "pour notre sécurité", pour que "Paris respire", "pour vos enfants", etc.... Des Parisiens dorment dehors, mais on a des trottoirs flambant neufs, made in Delanoë. Mais il paraît que s'il est réélu, il fera pareil pour le logement, dit-il... Il n'en avait pas déjà parlé ?...mais là je me disperse...

On ne pouvait plus se garer ; et d'ailleurs le problème se repose quand on loue une voiture. Autant vous dire qu'on n'est pas long à la rendre au loueur ! Circuler normalement à Paris devient affaire de stratégie, à trouver le créneau horaire en fonction du lieu.. Ah si la voiture pouvait se transformer en hélicoptère et nous sortir de ce bouchon en croix !

J'ai d'ailleurs une question dont je n'ai jamais trouvé la réponse : pourquoi, quand il y a un bouchon en croix dans un carrefour, il n'y a jamais de policiers ? Par contre, et là je reste interloquée, à me pincer pour être sûre que je ne rêve pas, je vois souvent des policiers-à-sifflet s'agiter à côté de feux tricolores marchant parfaitement, faisant arrêter les automobilistes quand le feu est rouge et les intimant de démarrer quand le feu devient vert...!?! Vous aussi vous séchez ?

En voiture, on stationne mal, on circule mal, et quand enfin ça roule, c'est pas la route qu'on regarde, c'est le compteur de vitesse. Une obsession qu'il ne s'agit pas d'oublier. Ça me semble dangereux, mais avons-nous le choix ? Quelque temps après notre retour de vacances, nous avons reçu l' avis de contravention au code de la route. Et là ça fait mal ! Nous avons été flashé pour un excès (!) de vitesse de 96 Km/h sur une route limitée à 90 Km/h , qui après calcul de la marge technique fait 91 Km/h . Le formulaire n°48 nous apprend que ce 1 Km/h nous coûte :

......- 68€ d'amende, qui gentiment ne nous coûtera que 45 € si on paye dans les 15 jours. Et on a intérêt à être bien chez soi ou a faire suivre son courrier parce qu'après un mois et demi (45 jours), c'est 180 €.
......- et 1 point sur le permis.
Ça coûte cher le kilomètre/heure ? Non seulement, le coût de l'amende est disproportionné par rapport à l'infraction, mais le conducteur se retrouve à perdre 1 point (sur 12) sur son permis.

Pendant longtemps, j'ai cru que la police et la gendarmerie étaient là pour nous protéger, et sanctionner les mauvais conducteurs. J'entends mauvais conducteurs, ceux qui font des queues-de-poisson, qui doublent sans visibilité sur les deux voies, qui zigzaguent sur le périph' qu'ils prennent pour un jeu vidéo... Tous ces gens qui sont des dangers-public, parce que la voiture est pour eux un outil de domination et d'invulnérabilité, qu'il est fondamental de les sanctionner. Mais jamais je n'aurai cru que dépasser de 1 Km/h fasse d'un conducteur un chauffard à sanctionner. Et que penser de ceux qui perdent leur 12 points, donc leurs permis, en faisant des dépassements de 1 Km/h ?

Avant ma petite aventure, j'aurai cru à une blague. Seulement j'ai retrouvé un article du journal Le Monde datant du 11 novembre 2006, donc avant les élections présidentielles de 2007 ; le titre "La colère des sans-permis". Il y est question de quelqu'un qui a dû faire un stage de récupération des points du permis de conduire, d'un coût d'environ 250 € - prix variable ! -, pour ce genre de dépassement de vitesse. Donc il est possible de perdre son permis pour ce genre d'infractions ! Mais à l'époque, dit l'article, "le Premier ministre a annoncé, mercredi 8 novembre, quelques aménagements du permis à points." Le gouvernement avait-il pris conscience des dérives du permis à points, voire du caractère dramatique de ces gens obligés de conduire pour leur travail sans permis, qui seraient 1,5 millions ! Nous étions avant les élections, et l'article concluait : " La France compte 36 millions de conducteurs, dont 3,5 ont perdu des points : autant d'électeurs." Après les élections, soit 5 mois après, il est de nouveau question d'un durcissement.

Comment pourrait-il en être autrement puis le système actuel de permis à points vient de Sarkozy en 2003. Si sa date de création est antérieure, 1992, la forme "tolérance zéro" et tout le business autour nous vient de notre cher président actuel, à l'époque ministre de l'Intérieur.

Si comme moi, vous cherchez permis à points sur Google, vous serez surpris ; un moment je me suis demandée si je ne m'étais pas trompée dans ma recherche et avais tapé le mot avocat à la place ! Un business avec un goût d'alcool au temps de la Prohibition aux États-Unis (1920-1933), qui a enrichi la mafia de l'époque. Telle association vous propose de souscrire à une carte pour vous protéger contre le retrait de votre permis ; de la carte de base à une sorte de carte gold plus chère, une spécifique pour société...

Si vous faites appel à un avocat, vous pouvez récupérer votre permis, pour 3000 € à 4000 €, à titre indicatif est-il précisé ! Hors TVA, car là aussi, vous payez des impôts dessus ! Et ne croyez pas que l'avocat vous fera regagner votre dignité en protestant contre l'aspect abusif. Non il est question ici de trouver des failles dans le procès-verbal, comme une croix pas cochée, un procès-verbal mal dressé. Rien qui ne ferait jurisprudence sur l'injustice d'un retrait de permis... Peut-être qu'une virgule mal placée vous permettra de recouvrer votre droit à conduire ! Une drôle de justice, non ?

Un marché parallèle se met en place, souvent par nécessité : il est question de petites annonces (1) dans des journaux locaux où des personnes proposent de vendre leurs points contre de l'argent ; d'autres ont dans leur entourage un papy ou une mamy, qui acceptent de perdre des points à leur place... Je suppose qu'il y a recrudescence de faux permis de conduire, ou de vol de permis de conduire... D'autres, certainement par impuissance, s'en prennent aux machines, ils attaquent les radars ; ce qui a coûté aux contribuables en 2005, la modique somme de 5 millions d'Euros pour les réparer !

Comment après ça ne pas voir que ce système est inadapté ? Mais la nouvelle déléguée à la sécurité routière, Cécile Petit, qualifie le renforcement des sanctions contre les petites infractions de lutte contre la "violence routière". Est-ce bien de ce côté-là que se situe la violence ?

Pour moi cette contravention n'est pas seulement un coût financier. Elle a un coût sur ma confiance dans les Institutions françaises, soulève un doute sur l'état d'esprit des dirigeants de mon pays ; je ne peux pas me reconnaître dans ce système, je ne reconnais pas les valeurs que je pensais être celles de la France. Mais pour qui prend-on les Français ?

Encore une fois, je suis pour la sanction des fous du volant. Mais quel rapport quand il s'agit d'un excès de vitesse de 1 Km/h, et que 69% des Français (2) ont subi un retrait de points pour ce genre de dépassement de vitesse ?

Et tout cet argent qu'il faut pour recouvrer ses points perdus ! Tout un système s'est mis en place, dont la devise systématique est : "Paye et tu seras pardonné". Payer l'amende, payer le stage de récupération de points, en fait de 4 points, payer un avocat si on a un besoin fondamental de sa voiture (ou moto, ou camion...), payer pour repasser le code, payer, payer...

Mais comme c'est pour votre sécurité, difficile de contester toutes ces mesures "bienveillantes", pour moins de blessés, moins de morts sur la route. Qui oserait dire qu'il préfèrerait qu'il n'y ait pas moins de morts ! Malgré tout, on peut sentir une gêne quand cette baisse du nombre de tués sur la route devient un objectif gouvernemental.

Nous, citoyens, devenons des objets statistiques, nos vies deviennent un outil de mesure de l'efficacité du pouvoir en place. Nous ne devons pas faire mentir le pouvoir. L'ordre gouvernemental est une diminution de la moitié des morts sur les routes, en conséquence, tout sera mis en oeuvre, quel qu'en soit le prix, la fin justifiant les moyens, pour atteindre cet objectif ; et comme c'est "pour notre bien", toutes les mesures peuvent s'appliquer en toute impunité. Tels des enfants que le parent autoritaire punirait pour une mauvaise note ramenée de l'école. Je parle de ce parent qui se sent blessé dans son orgueil parce que la mauvaise note de son enfant dévalorise sa propre image. La punition n'en sera que plus disproportionnée.

Seulement nous ne sommes ni des enfants, ni des outils statistiques. Et comme dit une rubrique dans le magazine Télérama : "ça va mieux en le disant !".

Tout ça ne nous dit pas ce qu'on va faire, nous ! Pour mon chéri, ça fait 2 points en moins sur son permis. Et comment va-t-il les récupérer ? Bonne nouvelle, depuis juillet 2007, quand il s'agit d'1 point, on peut le récupérer au bout d'un an ; mais "cette mesure ne s'applique qu'aux seules infractions devenues définitives à compter du 1er janvier 2007" (3). Je suppose qu'une infraction définitive signifie quand on paye l'amende.

Mais que se passe-t-il quand on a aussi perdu 1 point avant le 1er janvier 2007 ? Amis amateurs de Rubiscube et autres casse-tête, je vous salue : j'ai une devinette pour vous. J'ai perdu 1 point en juin 2006 et 1 point en mai 2007. Pour le point de mai 2007, on est d'accord, qu'à moins d'une autre infraction (évidemment !) je récupère mon point en mai 2008. Mais pour mon point de juin 2006 - donc avant le 1er janvier 2007 - je dois donc attendre 3 ans pour qu'il revienne rejoindre mon permis ; mais 3 ans à partir de quand ? de 2006, de 2007 ? Encore une fois, dans le cas simple où je n'ai pas de nouvelle infraction...

Remarquez, il est toujours possible de faire un stage de récupération, pour ma faute de 1Km/h, mais là faut jouer fin, parce que j'ai le droit à un stage uniquement tous les deux ans, alors est-ce que ça vaut le coup de jouer mon joker maintenant ?
- On va attendre.
- C'est votre dernier mot ?
- C'est mon dernier mot, Jean-Pierre !

Sinon, il existe une solution radicale, une où l'on est sûr, et de récupérer tous ses points, et de ne plus en perdre : Ne plus conduire ! Comme on dit "aux grands maux, les grands remèdes". D'ailleurs je me demande si aujourd'hui ceux qui peuvent se targuer d'avoir tous leurs points ne sont pas ceux qui conduisent jamais ! Et ils se retrouvent en plus assimilés à être des bons conducteurs !

Les sanctions sont telles, qu'il est difficile d'être un bon conducteur sans se faire flasher ; d'autant que les modalités sont souvent très discutables : que penser de ces radars placés en bas d'une côte ? Et à quelle vitesse faut-il aller pour dépasser en toute sécurité, donc rapidement un tracteur ou un camion qui gêne notre visibilité ?

Les voitures sont équipées de compteurs de vitesse à aiguilles, le pédalier des vitesses n'est pas cranté, et même en scrutant le compteur, en s'immobilisant le pied, je ne garantis pas la conduite au Km/h près. Le radar est une machine mais pas nous ! Quant aux voitures où l'on peut bloquer la vitesse, je reste dubitative. La seule fois où j'ai failli avoir un accident, c'est justement avec ce genre de voiture ! Parce qu'à ne rien faire derrière mon volant, je me suis assoupie, et c'est un donnant un coup de volant pour redresser la voiture que j'ai fait une embardée qui aurait pu finir en tonneau... Il existe le "régulateur de vitesse" et le "limiteur de vitesse" : encore de nouveaux débouchés commerciaux ! Je ne pourrais rien certifier concernant les rumeurs de blocage de ces systèmes qui aurait causé des accidents, par contre je trouve consternant qu'on en arrive là !

Être un bon conducteur, c'est avoir conscience de ses responsabilités quand on conduit, savoir anticiper, être vigilant, garder ses distances, éviter de conduire quand on est fatigué sur de longues distances, ne pas boire d'alcool... Ce n'est pas jouer à cache-cache avec le gendarme ! On ne fait pas attention à sa vitesse pour ne pas avoir de prunes, mais parce qu'on conduit correctement. Tous nos actes seraient dictés par la peur d'être sanctionné ! Et pourquoi pas nous graver un compteur de vitesse dans le cerveau pendant qu'on y est ! Ou un bracelet qui nous enverrait une décharge si nous roulons trop vite !

Conduire dans l'angoisse de perdre des points à son permis pour un dépassement de quelques Km/h, ne permet pas une conduite souple, efficace, sécuritaire. Mais comment font ceux qui viennent de passer leur permis ? Rappelez-vous quand vous veniez d'avoir votre permis, combien de temps avez-vous mis pour être à l'aise ? On dira qu'il faut un an de conduite régulière ; mais aujourd'hui, pour le jeune conducteur qui lui, n'a que 6 points, ne prend-t-il pas un gros risque à conduire souvent ?

Savez-vous combien coûte un permis de conduire aujourd'hui ? Voici les chiffres que j'ai trouvés : le coût moyen d'un permis de conduire serait de 1400 €, qu'il faudrait 33 heures de cours et 7 mois pour l'obtenir. Tout ça pour obtenir un permis de pacotille ! Il est logique dans ces circonstances que de moins en moins de gens vont pouvoir apprendre à conduire. Les auto-écoles qui profitent aujourd'hui du zèle du gouvernement risquent de déchanter. La voiture devient un produit de luxe, donc bientôt réservée à une élite, parce que taxée à outrance.

Longtemps assimilée à l'accessoire indispensable, du passage à l'âge adulte, de l'autonomie notamment pour les personnes âgées, la voiture est maintenant une source de stress supplémentaire. La publicité nous vante encore la voiture comme élément de liberté, les constructeurs automobiles construisent encore des voitures qui dépassent largement le 130 Km/h, les gosses rêvent encore qu'ils auront une voiture quand ils seront grands... Et moi je rêve encore de pouvoir m'acheter un jour une voiture neuve, vous savez quand ça sent le plastique à l'intérieur... et rouler.


Laurence Waki
- octobre 2007


(1) et (2) - Dans l'article du Monde, daté du 11 novembre 2006.

(3) - Extrait du formulaire n°48.


À vous de voir :
www.premier-ministre.gouv.fr/information
www.securiteroutiere.equipement.gouv.fr/data/cap-SR/mai07.html
http://www.securite-routiere.gouv.fr/data/revue

Et sur le régulateur et limiteur de vitesse :
www.caradisiac.com/php/essai_tun