MUSÉE DU QUAI BRANLY

 

...Visiter le musée du quai Branly c'est d'abord l'occasion de visiter un musée tout neuf. Avant même de prendre connaissance des collections, on veut voir le musée en lui-même, constater l'architecture, voire critiquer les choix qui ont été faits ; attitudes qu'on n'a plus sur un musée qui en impose par ses années d'existence.

Et puis c'est un peu le musée de Chirac : il a préfacé le catalogue, où il dit vouloir " rendre justice aux cultures extra-européennes " ; et donne à ce musée une vocation très ambitieuse en le présentant comme une " institution culturelle et scientifique d'un type nouveau, à la fois musée, centre culturel, lieu de recherche et d'enseignement (...) . Il célèbre l'universalité du génie humain à travers l'éblouissante diversité de ses expressions culturelles ". Le musée va nous amener à " porter sur l'Autre un regard mieux instruit, plus respectueux, mais aussi plus ouvert ".
Pas de doute, ce musée, c'est son bébé ! Qui lui permet de faire rimer universalité et singularité . Un programme magnifique.

. quai branly jardin

Mais revenons sur le trottoir du quai Branly. Nous voilà accueilli par un mur de verdure, une curiosité créée par Patrick Blanc, botaniste, dont on a pu voir une interview à l'expo "Folies Végétales" à l'Espace Electra ; un passionné de racines qui fait des miracles. À l'entrée un panneau annonce 1 heure d'attente, mais l'attente est agrémentée d'un parc plutôt vaste. De mon côté, je pars chercher la librairie pour acheter le catalogue ; je pense la trouver au niveau d'une sortie, mais non, et horreur, j'ai failli ne plus pouvoir rentrer. Heureusement que le vigile m'a crue, parce qu'apparemment l'accès se fait uniquement par le quai Branly. L'info de mon aventure ne distrait pas du tout mon chéri, qui commence à s'impatienter à faire la queue tout seul. Pourtant, moi aussi je fais la queue, mais à la caisse de la librairie. Finalement la queue n'aura duré que ¾ d'heures et nous entrons dans le bâtiment, (conçu par Jean Nouvel). Malheureux, on ne peut pas faire de photos : notre illustration, cher lecteur, va donc s'arrêter là !

quai branly entreequai branly chemin

Il s'agit maintenant de marcher, monter en pente douce pour atteindre ce que les concepteurs appellent "le plateau" des collections permanentes. De nombreuses pièces sont visibles hors vitrines : des masques, des totems de très grandes tailles. Parfois on croise une vidéo mais souvent difficile d'accès. Les commentaires très succincts ne me permettent pas de comprendre la fonction des objets, juste des descriptifs.

Comme dans un labyrinthe, où l'on croise des objets, des oeuvres ? Ces objets sont-ils des oeuvres ? Mais ont-ils besoin d'en être ? On peut assurément parler de découverte de pratiques artistiques, très souvent motivées pour la célébration religieuse ou l'apparat. Ces objets nous parlent de culture, d'identités culturelles.

Ce qu'a réussi le musée c'est de nous construire un parcours qui montre les points communs entre les différentes cultures, telle une communauté mondiale, au-delà du particularisme de chacun. Ce qui est justement le différencie du musée de la porte Dorée, le musée des Arts d'Afrique et d'Océanie. Le bémol du parcours : un peu d'embouteillage dans la circulation entre les oeuvres.

Nous est offert une vision globale de la culture humaine, ce besoin universel de dieux, de codifier les rapports entre les humains, de structurer le temps. Du coup, on ressort un peu déboussolé, car on n'a pas appris au sens classique du terme. Pour ma part, je trouve cette approche très riche, parce qu'on ressort baigné de quelque chose d'impalpable, quelque chose qui a parlé à notre instinct...

 

Laurence Waki - avril 2007

NB : l'accès aux collections permanentes du musée est gratuit, tous les 1ers dimanches du mois.


A vous de voir :

www.quaibranly.fr
www.liberation.fr/culture