LOCATION DE VOITURE

 

 

..Nous non plus, on n'aimait plus les automobilistes à Paris ! Mais peut-être pas pour les mêmes raisons que le maire, Monsieur Delanoë. On les regardait d'un mauvais oeil depuis que notre voiture avait décidé de monter au ciel. C'est vrai que ça nous avait considérablement aéré notre budget, mais nos sorties s'amenuisaient dangereusement. C'est comme si notre territoire se réduisait à notre quartier. Finies les escapades en Ile de France ou à la campagne, finis les achats à Ikéa.... et finie la conduite. Franchement insupportables ces automobilistes !

On était d'accord pour l'augmentation du pouvoir d'achat, tellement à la mode en ce moment, mais pas à vivre sans voiture. C'est sûr que consommer moins augmente le pouvoir d'achat mais même notre président Sarkozy n'a pas osé. Pour l'instant, il nous faire croire que dépenser son épargne, c'est augmenter son pouvoir d'achat, comme peut-être nous proposera-t-il bientôt de vivre à crédit comme autre solution. Mais ne pas consommer, il ne peut pas. Imaginez ce que deviendrait l'économie française sans son industrie automobile. Et les produits dérivés tels essence, amendes, frais de stationnement, contrôles techniques, etc...

L'automobiliste parisien vit dans une schizophrénie. Il est le gentil consommateur pour l'État français et le sale pollueur pour le maire Delanoë. Tous les moyens sont bons à Paris pour l'accuser, il est devenu le bouc émissaire de la municipalité où il subit une deuxième schizophrénie : ne roule pas, et ne stationne pas ! Pas facile quand on a une voiture de cumuler les deux états. Rouler est devenu un enfer, et les places pour se garer, si elles devaient être cotées à la bourse, feraient basculer l'économie mondiale, au vue de leur rareté.

Nous devons tout ça au penchant religieux de notre maire pour un nouveau dieu nommé l'Écologie et son prophète parisien Denis Baupin. L'Écologie sert maintenant tout et son contraire, ce dieu a tous les droits. En plus il fait vendre, il fait élire, et fait taire ceux qui voudraient en savoir plus. Celui qui défie ce dieu, pourra être pardonné si il a de l'argent : de l'argent pour le parking, pour avoir le droit d'émettre pleins de gaz toxiques, pour se garer n'importe où, pour avoir un chauffeur qui garde la voiture à l'arrêt... Mais si il n'a pas d'argent à sacrifier pour se faire pardonner, il sera assailli sans relâche : encore plus de contrôles, encore moins de places de stationnement, encore plus de voyages en fourrière...

Comprenez le soulagement de ne plus avoir de voiture dans la Capitale ! Doit-on pour autant déchirer notre permis de conduire ? Tant que les élus n'accorderont pas leur violon au sujet de la voiture, mieux vaut ne pas investir quand on n'en pas l'absolue nécessité. Par contre, on peut louer.

Nous voilà parti à faire le tour des loueurs de voiture du quartier : Europcar, Rent-a-car, Avis, Ada, Hertz... On a pu constater de grandes différences de prix entre chaque. Nous avons jeté notre dévolu sur Rent-a-car, qui dès le départ nous a proposé la conduite à deux sans supplément, en plus d'être moins cher pour ce qu'on recherchait. Ne croyez donc pas ceux qui vous disent "c'est partout pareil".

On réserve la voiture, soit sur place, soit par téléphone, pour tel jour, pour tant de jour, tant de km, pour telle catégorie de modèles. Jusqu'à présent, en louant une voiture de catégorie A, on a toujours eu des Toyota Yaris qui sentent le neuf. On peut venir surplace le jour J à partir de 8H30. Disons que si il y a peu de monde, on peut espérer récupérer la voiture vers 9 heures : le temps de remplir les papiers, les photocopies des permis de conduire, du justificatif de domicile, chèque de caution ou empreinte CB, et d'aller constater la voiture avec le loueur.

Nous voici autour de la voiture, perplexes.
- Mais comment a-t-il pu faire cet accroc ?
L'aile a un accroc bizarre, incompréhensible.
- Pas de brûlures de cigarettes, pas de tâches...
Le loueur s'installe devant, note le kilométrage et les barres de niveau d'essence. Et nous tend les clés. À nous la route.

Au retour, nouvelle inspection de la voiture, le kilométrage, les barres d'essence et récupération de la caution. Concernant le kilométrage, quand on dépasse, ils ont toujours choisi après coup la formule la plus avantageuse pour nous : soit le forfait supérieur, soit au km. Pour l'essence, si on a moins de barres, ils nous facturent l'essence manquante.

Seulement, il y a les impondérables, comme ce type qui était censé ramener une voiture et qui n'a prévenu personne qu'il la gardait. Le hic c'est que nous devions avoir cette voiture-là. L'agence nous dépose à une autre agence récupérer une autre voiture, qu'on pourra rendre à notre agence habituelle. Pas trop de changement, mais tout de même deux heures de perdues sur notre emploi du temps !

Eux sont si charmants. La première fois, ils appellent la veille car la voiture est rentrée plus tôt, et si on veut, pour le même prix, on peut déjà la prendre. Pour rendre la voiture, nous voilà confrontés nous aussi aux restrictions de stationnements. Au point de devoir venir la veille pour la garer, et revenir le lendemain pour les formalités.
- Ne vous inquiétez pas, mettez la voiture juste devant...
À condition tout de même de ne pas être trop nombreux, parce qu'entre les places supprimées, et maintenant les vélib', à part transformer la voiture en compression façon César, au bout de deux, on est complet !

La location de voiture a l'énorme avantage de vous épargner les frais d'assurances, les réparations... ça permet de ne pas perdre la main à la conduite (1). Comme en plus on bénéficie du geste commercial de cette agence de pouvoir conduire à deux sans supplément, nous avons la sécurité (et le plaisir) d'être deux à conduire. Seulement, on ne peut avoir la voiture quand on veut, il faut s'organiser. Et nous voilà à nous angoisser pour nous garer, à jouer les vilains automobilistes juste pour quelques heures !

Quoique, en ces périodes électorales - les municipales 2008 - voilà que conduire une voiture, c'est plus si affreux ! Même que nos gentils loueurs auraient du souci à se faire, c'est le maire en personne qui va leur faire de la concurrence ! Monsieur Delanoë deviendrait polythéiste ; il veut bien du prophète Baupin, mais il veut bien aussi être en cheville avec le dieu popularité. Ce dernier lui a rappelé que les automobilistes parisiens sont aussi des électeurs. Il lui faut reconnaître qu'à Paris on a aussi besoin d'avoir une voiture. Alors Monsieur Delanoë nous fait la promesse électorale de mettre des voitures à la disposition des Parisiens. Enfin ça c'est la dernière version.

Au début à la première annonce fin juillet 2007, l' autolib' - dérivé du vélib' - c'était avant la fin de l'année 2007 ; puis pour 2008 ; puis si je suis élu ; puis dès 2009 ! Il s'agissait au départ de voitures non polluantes. Maintenant les prétentions ont changé puisqu'il est question de Yaris, Twingo, comme la plupart des voitures des Parisiens en fait ! Le principe serait un abonnement de plus de 12 € par mois, que vous louiez ou non + 2,10 € de l'heure + 0,32 € du kilomètre. La bonne affaire pour les sociétés partenaires de la mairie de Paris, pas si sûr pour les Parisiens ! Au départ aussi, il s'agissait de location limitée dans le temps. Maintenant c'est à volonté. Avec la société Mobizen, vous pouvez même louer une Mercedes classe A !

Enfin tout un micmac commercial, entre quelque PME (Caisse-Commune, Mobizen) et quelques grands groupes Avis et les parkings Vinci - déjà très reconnaissant pour toutes les places de stationnement supprimées ! - qui rappelle Monéo (2). Voilà ces gens se réclamant spécialiste de l' autopartage, espérant qu'avec ce mot, nous verrons ainsi bien la différence avec la location traditionnelle.

Ce qui semble gêner Monsieur Delanoë, ce sont toutes ces voitures en stationnement, pourtant non polluantes. Grâce à son système, il prétend qu'il n'y aura plus de stationnement, sans bien comprendre en quoi ça gênait ! À croire qu'il est contre la propriété privée pour la voiture. Un système privé, voire libéral pour quelques uns comme Vinci et le collectif pour tous les autres. Avec les revendications écologiques en prime.

On dirait que les Parisiens vont devenir une grande famille à se partager les voitures. Seulement moi, si je récupère une voiture derrière quelqu'un, j'espère la prendre sans les reliquats de l'utilisateur précédent. En plus, une voiture n'est pas un vélo, mal contrôlées techniquement, les conséquences peuvent être dramatiques, voire mortelles. Au moins avec mon loueur actuel, je suis sûre.

Mais va-t-on un jour redevenir des vrais automobilistes à Paris ? ça je n'en suis plus sûre du tout.

 

Laurence Waki - mars 2008


(1) Voir l'article : Le permis à points
(2) Voir l'article : Les horodateurs et monéo


À vous de voir :

- notre loueur préféré : www.rentacar.fr (agence Gobelins)
- www.lexpansion.com/delanoe-annonce-des-voitures-en-libre-service-a-paris
- www.linternaute.com/des-autolib-a-paris-fin-2008
- projet_delanoe_2008.pdf