COURS DE SLALOM :
Le PUC ou RSI ?


...Cette année, on a décidé de reprendre des cours de rollers, spécialité slalom. On connaît déjà l'association RSI (Roller Squad Institut), qui donne des cours généralistes de rollers par niveau, ainsi que les disciplines spécifiques tels slalom, danse, free skate, hockey... RSI est la première école de roller pour tous : ils ont créé une progression par niveau, 1a, 1b... jusqu'au 4d, qui a le mérite de travailler par étape l'apprentissage du roller, mais peut avoir l'inconvénient de donner un aspect laborieux de la pratique du roller. Seulement apprendre par instinct ne réussit qu'à une infime catégorie de gens. Une méthode d'apprentissage permet au plus grand nombre, même pour les moins doués, d'avancer en rollers. On trouve ça normal en ski, notamment pour se prémunir des risques. Le roller dans la rue peut être aussi un sport à risque. Sans compter les mauvais mouvements de patinage (placement des jambes en X, patinage en déséquilibre arrière, patinage en claudication...) que l'on chope en apprentissage solitaire, et qui sont vite rectifiés en cours quand ils sont identifiés dès le début.

D'autres écoles existent. J'en ai côtoyé d'autres lors de la préparation de mon film sur le roller, "Journal d'une RollerWoman". Autant vous dire que je suis une spécialiste des cours de rollers ! Je tiens d'ailleurs à remercier ici tous ces moniteurs qui m'ont offert des cours de rollers, et en première ligne l'équipe de RSI. Étant extrêmement débutante, il me fallait m'appuyer sur une évolution graduelle. Et de longue haleine !
Au sortir de cet apprentissage, j'ai pu réaliser mon film et rencontrer l'Amour. Mon chéri a aussi appris le roller avec RSI ! Et un jour, à Invalides, nous nous sommes croisés... pour un autre apprentissage !

Mais quelques années plus tard, quand on a décidé de reprendre des cours de rollers, on a eu envie de changer. On souhaitait également des cours plus près de chez nous, ainsi que la possibilité de faire du roller même par temps de pluie. Pour les non-pratiquants, il faut savoir que la pluie est fortement déconseillée pour le roller ; d'abord parce que ça glisse comme une tache d'huile pour les slalomeurs, et qu'un patin de rollers qui a pris l'eau demande une demi-journée de nettoyage minutieux pour éviter que le roulement ne se grippe, ce qui laisserait vos roues immobiles... donc même les plus acrobatiques des pratiquants évitent de rouler par temps de pluie !

Mon chéri a trouvé le PUC (Paris Université Club), apportant changement, proximité et cours couverts. Mon chéri en avait d'autant plus plein sa bouche que cette association est connue pour entraîner les champions. Mais quand on les contacte, les réponses mails se font attendre. On finit par passer pour un cours gratuit mais on trouve porte close. On revient et là, on aurait dû saisir les signes avant-coureurs de médiocrité. Le type qui peut-être fera le cour de slalom l'année d'après - quel suspense ! - nous montre quelques figures de slalom. Et l'un de ses élèves s'exclamer :
- On n'a jamais eu le droit à ça, nous !
Puis un autre type de venir vers nous en forçant le tutoiement alors qu'il ne sait pas qui nous sommes : c'est celui qui est censé répondre aux mails ! Apparemment plus à l'aise dans la familiarité que dans sa compétence. On était aussi venu pour avoir les infos qu'on n'arrivait pas à avoir par mail, mais impossible, fin juin, de savoir quand les cours reprennent, qui va les donner...
- Faut regarder sur le net, on nous dit.

Après avoir guetté (!) la date de reprise, nous voilà un dimanche d'octobre, les bulletins d'adhésion remplis avec les chèques dans notre poche. Et là, on attend. Personne ne semble savoir l'heure précise du cours. Le prof est en retard visiblement. ça fait une heure qu'on attend. Puis le voilà qui arrive.
- Allez vous échauffer !
Au fait, ça consiste en quoi s'échauffer en slalom ? Même ceux qui connaissent ce cours - nous sommes les seuls nouveaux - ne semblent pas savoir. Ils attendent.
- Bon, on commence le cours !
Et tous de se mettre devant les lignes de plots. Chacun y va de sa figure plus ou moins maîtrisées. Et notre prof nous quitter de nouveau pour aller voir deux filles sur une des lignes.

Au bout d'une heure où chacun semble improviser son propre cours de slalom, on se demande vraiment ce qu'on fait là ; et surtout quand va-t-on apprendre quelque chose ?
Pour l'instant, la seule chose qui nous satisfasse, c'est que nos chèques soient restés très sagement dans nos poches !
On se déchausse tranquillement. Toujours pas de prof à l'horizon !
- Vous partez ? nous demandent les autres. On leur répond que pour nous c'est pas ça un cours de roller. Que c'est un peu cher pour juste louer une salle pour faire du roller !

Pas sûr d'ailleurs que le prof se soit aperçu de notre départ. Ni une, ni deux, on envoie notre adhésion à RSI. Peut-être qu'on ne pourra pas slalomer les jours de pluies, mais comme les cours du PUC sont interrompus pendant les vacances scolaires, là aussi on sera sûrement gagnant. On a perdu un mois et demi de cours, puisque les cours de RSI démarrent début septembre. Mais là, on a le droit à un vrai cours, ce qui est tout de même la moindre des choses ! Géraldine, puis Sylvain, nous montrent, en fonction de notre niveau des figurent à réaliser, nous regardent, nous corrigent, passent à d'autre mouvements, où chaque séance est l'occasion de progresser, d'apprendre de nouvelles figures, de gagner en dextérité, d'essayer des figures improbables. Enfin, un cours de slalom, quoi !

Laurence Waki - mai 2007


À vous de voir :

RSI
le PUC roller
et aussi l'article sur les Figurines roller