L'AUTOBRONZANTLes vacances cette année seront parisiennes, mais on ne serait pas contre un bronzage tahitien ! mais pas à n'importe quel prix, et se bagarrer à la piscine, c'est-à-dire se retrouver les uns sur les autres, respirer la clope des voisins alors qu'on est non-fumeur et se supporter des "putains de ta mère", "fils de pute", et autres poésies, scandés par mes colocataires du solarium, c'est trop cher payé. Et puis il y a toute cette campagne de prévention qui fait associer soleil et cancer ; j'ai d'ailleurs l'impression que ça a mis à cran ma dermato, qui m'inspecte frénétiquement les grains de beauté et qui prévoit de m'en retirer un à chacune de nos visites, "au cas où"… Je regrette cette époque d'insouciance où prendre un bain de soleil faisait du bien et rendait beau. Danger ou pas, je continue de me trouver plus jolie bronzée, que tout me va mieux et que du coup je me sens en vacances partout où je me trouve. Et qu'apparemment je ne dois pas être la seule au vue de la déferlante médiatique sur les autobronzants, ou sur les hydratants bronzants ; plus besoin de dégouliner devant le soleil, on se caresse le corps de crème magique et nous voilà tout doré. Sauf que j'avais des doutes… parce que quand j'étais ado, l'autobronzant existait déjà et que j'avais récupéré - je ne sais plus bien comment - le tube de la mère d'une copine et me voilà à me tartiner le visage : ça sentait fort, mon visage devenait tout rouge, j'allais me coucher et le lendemain on peut dire que j'avais changé de couleurs ! ça faisait retour de sport d'hiver à condition de ne pas trop regarder aux racines des cheveux, avec des reflets orangés… le tout était d'avoir l'aplomb nécessaire pour dire que c'était naturel, surtout quand le tube de la mère de ma copine avait fait des petits dans la classe !! et puis il y avait les traces indélébiles sur les draps, inexplicables pour ma mère, sur lesquelles je suis restées plutôt évasives… C'est donc très prudemment que je me suis approchée du rayon desdits produits. Des crèmes, des sprays, des lingettes, avec pour précaution d'emploi de bien se laver les mains après.
- Viens mon chéri, on va se mettre de l'autobronzant. Car il faut être à deux, même si le produit prévoyait une application pratique derrière les jambes, on fait comment pour le dos ? et s'imaginer tout marron devant et tout blanc derrière, décidément c'est dur la vie solo !! Allons-y pour l'intégrale. Par prudence, on a fait ça le soir car ils ont beau dire qu'on peut se rhabiller après… Il s'agit maintenant d'attendre, car on peut voir le changement au bout d'une heure. Mon chéri et moi, nous nous inspectons mutuellement, et effectivement, ça bronze. Et le lendemain, inventaire : oui on est doré, ça sent bon, mais à certains endroits on voit le produit qui a coulé, ou des zones qui sont restées blanches, notamment au niveau des pieds et ça fait bizarre ; alors qu'on pensait avoir étalé partout, il va falloir attendre plusieurs jours pour pouvoir remettre certains vêtements, si on ne veux pas passer pour des gens qui ne se lavent pas ! Et le pire c'est les mains, parce qu'évidemment, si on se lave les mains après, ça enlève aussi le bronzage sur les mains ; du coup, on se retrouve avec les bras bronzés jusqu'aux poignets, et les mains toutes blanches ; ou on choisit l'option tout bronzé des membres supérieurs avec les paumes oranges… ça se vaut, vous me direz. L'autobronzant qu'on a testé était "no trace bronzeur" (dans quelle langue ?) et promettait un hâle lumineux, naturel et uniforme… Un nouvel autobronzant est sorti, qui se met sans les mains. C'est vrai que c'est tentant, mais quand même avec mon chéri, on se tâte… Et finalement le bronzage parisien c'est peut-être pas si mal… Ou alors : y aurait-il quelqu'un parmi vous qui aurait une maison au bord de la mer ou/et équipée d'une piscine ?
Laurence Waki - aout 2006 |
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