L'ACCROBRANCHE

  .Voilà une activité qui permet de s'aérer, de se détendre, de faire du sport, qui peut être familiale ou solitaire, j'ai nommé l'Accrobranche. Mais petit hic, le mot est déposé pour une autre activité bien spécifique, voilà pourquoi les prospectus des sites où je suis allée ne mentionnent pas ce mot ! Mais comment appeler cette activité, qui est devenue connue sous ce mot-là, signifiant parcours dans les arbres, de façon encordée. En fait le mot accrobranche est une activité dans la forêt sur des ateliers réinstallés à chaque fois par des encadrants diplômés d'Etat, qui peuvent emmener avec eux jusqu'à 8 personnes maximum. L'activité dont je parle n'a pas encore trouvé un nom suffisamment explicite, d'où certainement le glissement. Dire qu'on pratique le "Parcours aventure", c'est pas très accrocheur ! Il s'agit en fait d'un parcours aménagé dans les arbres, avec des installations fixes où les participants évoluent de façon autonome. Pourquoi pas "l'escalarbre" ? ! En attendant le mot adéquat, j'emploierais le mot accrobranche au sens large tel un nom commun, et avec parcimonie...

Revenons à l'activité. Le contact dans les arbres est vivifiant, on ne peut pas être en plus pleine nature que ça ! On se gorge de vert. La détente provient surtout de la concentration sur ce qu'on fait, comme de la méditation. On ne pense pas, on avance dans les ateliers, trouvant à chaque pas son équilibre. On doit être entièrement à ce qu'on fait sinon on ne peut pas avancer. C'est du sport, une forme d'escalade, où les muscles sont mobilisés, avec tout de même un peu de souplesse pour se faufiler. Le tout reste très ludique. C'est ce qui rassemble tous les âges. Et même à plusieurs, chacun doit individuellement gérer sa propre progression. Au sortir d'une après-midi, on sent la fatigue saine, de la dépense corporelle.

Vous avez plusieurs parcours, identifiables par couleur, le plus facile étant vert, et plus difficile noir. Dans chaque parcours, vous avez différents ateliers, comme la tyrolienne, le saut de tarzan, des troncs mouvants, marcher sur un fils... les parcours sont évolutifs, de plus en plus haut dans les arbres, de plus en plus longs, et demandant de plus en plus de concentration. Mais toujours sans danger. Chaque fois nous sommes maintenus par un harnais, et assurons notre évolution en déplaçant les deux mousquetons l'un après l'autre, de sorte que l'on est toujours maintenu par l'un.

À chaque nouveau parcours, on sent que l'on progresse. Mais là où on le sent de façon évidente, c'est quand on fait un parcours inférieur après, qu'on pourrait presque faire en courant ! On peut mesurer les progrès qu'on a fait en si peu de temps, juste grâce à la concentration.

La première fois que nous avons fait de l' accrobranche, nous étions en couple. C'était par le biais du "6T pass" de l'UCPA. Ce pass est un compte où l'on achète des unités qui donnent accès à toutes les sessions sportives de l'UCPA. Une même carte peut être utilisée pour 4 personnes supplémentaires. Avec ce système, nous avions aussi essayé une session d'équitation. La carte est renouvelable en achetant de nouvelles unités.

Le centre qui nous accueille s'appelle "Parcours lémuriens de Graville", près de la forêt de Fontainebleau (77), dans l'idée certainement que nous devenons des lémuriens, qui nous faufilions dans les arbres. On nous avait prêté des gants pour éviter le contact désagréable avec les filins d'acier. Huit parcours nous attendaient, de l'initiation à l'extrême. Dès le début, on a le droit à des sauts de Tarzan. Et l'arrivée à la première plateforme est déjà un petit exercice d'escalade qui deviendra de plus en plus difficile.

Il est très important de respecter la progression. Nous faisions la queue pour le parcours violet.
- Et si on allait directement au rouge, il y a personne ?
Nous avions déjà quatre parcours dans les pattes : étions-nous expérimentés ou fatigués ? À chaque début d'atelier, il y avait une explication pour pouvoir le faire. Mais là, le panneau a disparu : je me retrouve au moins à 5m du sol avec deux filins : un pour marcher dessus, l'autre pour poser les mains et se tenir. Je commence, je ne suis pas sûre de ma position, je n'arrive pas à trouver l'équilibre, la panique arrive. Et là je mobilise les dernières forces qui me restent, malgré de sévères tremblements, pour revenir au point de départ. Je ne veux qu'une seule chose, descendre de là ! L'équipe du Parcours circule régulièrement dans le parc, pour justement ce genre d'incidents, on nous avait prévenu. J'appelle et on vient me chercher en rappel. Pour lui c'est la routine. Il descend, mon chéri aussi, et l'on se retrouve en bas. Les tremblements sont partis sitôt à terre. Impossible de comprendre ce qui vient de m'arriver. Je n'avais aucun contrôle sur la situation. Une pause fruits secs, pour cette fois prendre le parcours violet qu'on aurait dû prendre. Facile. Et l'on enchaîne avec le suivant, le rouge, et cette fois ça nous est accessible avec suffisamment de défi pour déclencher de l'adrénaline mais pas trop pour ne pas se retrouver tétanisé.

La deuxième fois, nous y sommes allés avec des enfants de 9-10 ans. Nous avons choisi un centre plus près de chez nous, le Davy Crockett's Aventure. Certainement un cousin de Disneyland tout proche, au vue du nom en anglais. Le rendez-vous est fixé à 12H30. Pas pratique comme horaires, car vaut mieux ne pas avoir le ventre creux pour tenir ensuite pendant nos 3 heures d'acrobaties forestières !
- Tant pis on mangera dans le coin, vers 11 heures.

Dans le coin, signifiant Centre commercial Val d'Europe. Décidément on se croirait vraiment aux États-Unis, pas dans leur meilleur aspect à mon avis. Et nous, incorrigibles parisiens habitués à des établissements servant à toute heure, sommes restés tout bêtes à nous apercevoir qu'on ne servait pas ici avant midi ! On s'est rabattu sur une cafétéria du Casino, pas vraiment notre tasse de thé, nous retrouvant à manger des sandwichs qui gonflent l'estomac, à défaut de nous nourrir. Mais bon, il s'agit d'être à l'heure.

Nous voilà à 12H30, tous les quatre avec nos estomacs en bouteille de Perrier. Il faut attendre ! Finalement on va attendre presque une heure, juste le temps qu'il nous aurait fallu pour un repas digne de ce nom. Tout le monde a ses harnais, on nous explique comment assurer notre sécurité, notamment en mettant les mousquetons en opposition. On prend chacun un enfant sous notre surveillance, et c'est parti. L'ambiance est différente ici. Par exemple, on nous explique qu'on ne viendra pas nous chercher parce qu'il y a peu d'endroits pour le faire. Qu'ensuite il ne faut pas être plus de trois sur une plateforme. Mais nous sommes quatre, et avec deux enfants. J'aurais le droit à une réflexion étant la dernière du groupe. Quoi ? J'aurais dû attendre en équilibre sur un fil, pendant que le groupe précédent mettait du temps à finir. J'ai tenté d'expliquer au type que les deux petites faisaient le poids d'un adulte. Plus tard, il se faisait remettre les bretelles par certainement son supérieur. Et toc que je me suis dit. Sauf que je suis cliente, c'est là toute la différence.

Tous les enfants de plus de 1m10 peuvent faire le premier parcours. Comme une des petites faisait moins d'1m30, nous n'avons pu aller que jusqu'au 2ième parcours. On nous a expliqué que si on ne respectait pas les limites de taille, ils fallaient qu'ils aillent chercher les enfants coincés, et ça ils n'en avaient pas envie du tout. Ceci dit, en faisant deux fois un des parcours, ce qui nous a fait au total trois parcours, nous les adultes, nous étions vannés. Avec des enfants, il faut doubler sa vigilance, doubler sa concentration, et dans les arbres, nous nous retrouvons à égalité avec eux, chacun avec ses difficultés.

Le lendemain, nous aurons tous des courbatures ! Un des ateliers où nous devions avancer à genoux a transformé mes genoux en un amas de bleus plus noirs les uns que les autres ! ç 'aurait été mieux si ils avaient mis une mousse. Et si j'avais été en jean bien épais. Je vous déconseille donc le survêtement. En plus le jean est plus fixant pour les sangles de sécurité. Choisissez aussi un tee-shirt manches longues : même en pleine été il fait plus frais dans les arbres, et ça protège des éraflures. Les baskets montantes sont bien pour maintenir les chevilles.

À condition toutefois d'avoir une voiture pour vous y rendre (!), vous pourrez profiter pleinement d'un bain de verdure !

 

Laurence Waki - janvier 2008


À vous de voir :

- www.parcours-lemurien.com
- www.aventure-aventure.com
- www.6tnature.com

(Je vous indique l'adresse pour l'UCPA, même si au moment où j'écris ces lignes, il est indiqué zéro session !! Peut-être qu'à l'arrivée du printemps, de nouvelles sessions naîtront !)